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Mardi 1 mai 2007 2 01 /05 /2007 12:28

 

Bonjour à tous,

Vous l'avez sans doute remarqué, notre blog a été peu actif depuis debut 2007... Toutefois, notre veille concernant l'art et l'espace public est demeurée active et nous avons notamment essayé de l'orienter davantage vers l'international, afin d'élargir nos points de vue. Dites-nous si ces infos vous intéressent...

En voici un exemple...

 

Un festival des arts de la rue à Marrakech
 

· Des artistes marocains, africains noirs et européens

· Tous les spectacles seront gratuits


Cirque, acrobatie, marionnettes, danse africaine, percussions, contes en musique, cinéma en plein air. Marrakech et ses cinq villages avoisinants (Tahannaout, Tamseloht, Aït Ourir, Amizmiz et Aghmat) vont accueillir la première édition du festival de spectacles de rue «Awaln'Art». Pendant quatre jours, du 5 au 8 juillet, les places publiques connaîtront une animation permanente avec des troupes et des artistes de spectacles de rue, qui viendront de Marrakech, Agadir et Salé, mais aussi de France, Belgique, Togo et Burkina Faso.
Tous les spectacles seront gratuits donnant au festival un côté populaire et convivial, où les artistes et le public auront un échange festif. Organisé à l?initiative de deux compagnies, l'une marocaine «Eclats de Lune» et l'autre française «Graines de Soleil», ce festival, qui deviendra annuel, vise à tisser un lien entre les arts traditionnels et la jeune création artistique. Il aura à coeur de mêler intimement le travail de troupes professionnelles connues à celui de jeunes artistes locaux. Awaln'Art se veut aussi un catalyseur de développement local, culturel et touristique pour la province d'Al Haouz.
«Nous souhaitons créer un lien entre les artistes et le public autour de l'art de la halqa qui est à l'origine du spectacle vivant au Maroc. Nous espérons également promouvoir durablement la jeune création artistique et préserver le patrimoine immatériel de rue», indique Claire Le Goff, coordinatrice générale du festival.
D?autre part, Awaln'Art veillera à mettre en valeur l'africanité du Maroc et la richesse des arts traditionnels de la région, qui ont fait la renommée de la place Jemaâ El Fna. Deux séminaires auront lieu également, livrant une réflexion sur la transmission des arts traditionnels et sur l'action culturelle, son économie et son implication dans le développement humain. Des films seront projetés en plein air, permettant à l'art cinématographique d'aller au-devant du public.
Le budget du festival est estimé à 40.000 euros. Le financement proviendra de structures marocaines et françaises, parmi lesquelles l'Unesco, l'ambassade de France, l'Agence intergouvernementale de la francophonie, la province d'El Haouz, la mairie de Paris...
Le coût du festival reste peu élevé, explique Claire Le Goff, «parce que nous avons travaillé en partenariat avec les associations locales des cinq villages d'Al Haouz». Il s'agit des associations Chabab Bouhouta, Wifak et Rim de Tahannaout, du centre Fier et Fort de Tamesloht, du Village SOS, de la Coopérative de femmes Tigmi d'Aït Ourir, de Dar Chabab d'Amizmiz et du Ciné-club du collège d'Aghmat.

Nadia BELKHAYAT

 

 

Par Isabelle FAURE - Publié dans : International
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Mardi 1 mai 2007 2 01 /05 /2007 18:21

 

Ecole nationale supérieure d'architecture de Paris-Val de Seine

L'exposition, présentée dans la nouvelle école d'architecture Paris Val de Seine, réalisée par l'architecte Frédéric Borel, devait ouvrir ses portes le 6 mars pour se poursuivre jusqu’au 21 avril 2007. L’ouverture retardée de la nouvelle école, a amené les organisateurs à proposer ces nouvelles dates.

Un réseau d'institutions culturelles et scientifiques, d'écoles, des centres culturels de différents pays lui fera parallèlement écho : exposition d’artistes contemporains à la galerie Univer, de design et de signalétique urbaine à l’Institut finlandais, de photos à l’Institut Goethe, à l’Ecole spéciale d’architecture, d’œuvres des favelas à la Fondation et à l’ambassade de l’Argentine, sur les banlieues urbaines à l’Institut suédois, les taxis de Mexico à la Maison du Mexique… lectures de textes littéraires à la Bibliothèque nationale, dossier sur les rues et les cités dans la revue Urbanisme, balades urbaines, workshops… Des contributions chinoises, brésiliennes, européennes sont également prévues.


Ou comment partager la rue ?


On y circule, on y vit, on y travaille, on s’y expose, parfois on s’y bouscule voire on s’y cogne ; innombrables pratiques qui se croisent et s’interceptent, faisant tour à tour de la rue un lieu de rencontres et de conflits : le meilleur et le pire !
Et dans toutes les villes du monde, les mêmes questions : à quoi et à qui servent les rues ? À qui appartiennent-elles ? Qui décide, contrôle, surveille ? Comment concilier toutes les vitesses, tous les modes de déplacement, les besoins des habitants et ceux des passants, des commerçants... ? Comment les rendre lisibles, fluides, conviviales ? Jusqu’où la publicité, le business, la liberté d’expression, l’art peuvent-ils s’y exprimer, voire s’en emparer ?
Les rues des villes sont des lieux multifonctionnels qui doivent assurer à la fois la desserte des riverains et la traversée des quartiers, et qui accueillent souvent de multiples activités et usages et fonctionnent comme des lieux de rencontres et comme des médias.
Or ces fonctions sont plus ou moins compatibles les unes avec les autres, ce qui entraîne des dysfonctionnements et des conflits divers. L’extension des villes, en hauteur et en surface, et la diversification des déplacements et des modes de transports aiguisent ces problèmes d’usage et de partage de la rue. Pour essayer de les résoudre, l’urbanisme moderne a eu tendance à hiérarchiser et spécialiser les voies par fonctions, et à séparer les mobilités et les activités.
Ces solutions sont aujourd’hui débattues car elles ont, dans certains cas, des effets pervers, qui soulignent les limites du "partage – séparation". D’autres solutions sont aujourd’hui explorées et mises en œuvre dans le monde, souvent plus fondées sur un "partage - mise en commun" qui, sous diverses formes, s’efforcent d’exploiter le potentiel d’urbanité de la mixité fonctionnelle et sociale.

On y circule, on y vit, on y travaille, on s’y expose, parfois on s’y bouscule voire on s’y cogne ; innombrables pratiques qui se croisent et s’interceptent, faisant tour à tour de la rue un lieu de rencontres et de conflits : le meilleur et le pire !Et dans toutes les villes du monde, les mêmes questions : à quoi et à qui servent les rues ? À qui appartiennent-elles ? Qui décide, contrôle, surveille ? Comment concilier toutes les vitesses, tous les modes de déplacement, les besoins des habitants et ceux des passants, des commerçants... ? Comment les rendre lisibles, fluides, conviviales ? Jusqu’où la publicité, le business, la liberté d’expression, l’art peuvent-ils s’y exprimer, voire s’en emparer ?Les rues des villes sont des lieux multifonctionnels qui doivent assurer à la fois la desserte des riverains et la traversée des quartiers, et qui accueillent souvent de multiples activités et usages et fonctionnent comme des lieux de rencontres et comme des médias.Or ces fonctions sont plus ou moins compatibles les unes avec les autres, ce qui entraîne des dysfonctionnements et des conflits divers. L’extension des villes, en hauteur et en surface, et la diversification des déplacements et des modes de transports aiguisent ces problèmes d’usage et de partage de la rue. Pour essayer de les résoudre, l’urbanisme moderne a eu tendance à hiérarchiser et spécialiser les voies par fonctions, et à séparer les mobilités et les activités.Ces solutions sont aujourd’hui débattues car elles ont, dans certains cas, des effets pervers, qui soulignent les limites du "partage – séparation". D’autres solutions sont aujourd’hui explorées et mises en œuvre dans le monde, souvent plus fondées sur un "partage - mise en commun" qui, sous diverses formes, s’efforcent d’exploiter le potentiel d’urbanité de la mixité fonctionnelle et sociale.


Structure de l’exposition


Un espace vidéo dans un cube de 8 mètres de large, pour une expérience étonnante dans une quarantaine de rues du monde : "vous n’êtes pas dans la rue, vous êtes la rue !",
Une cinquantaine de projets internationaux, qui présentent les nouvelles approches de la rue par les urbanistes et les architectes du monde entier,
Une centaine de photos de grandes agences internationales et des documents qui questionnent la rue-média, ou l’aspect communicant de la rue, la rue-fiction, les enjeux de gouvernance pour faire face aux nouveaux besoins.

 

 

Par Isabelle FAURE - Publié dans : International
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Mardi 1 mai 2007 2 01 /05 /2007 18:31

 

La transition de l'ancien au nouveau festival des arts de la rue de Shawinigan (québec, Canada) peut commencer. L'administration municipale a entériné le rapport des consultants mandatés pour relancer l'événement en crise. La proposition vise la mise en place d'un événement revu et amélioré qui jouirait d'un budget d'environ un million de dollars d'ici cinq ans.

 «Cette année de transition sera la plus difficile de toutes, explique au Devoir Jean David, un des coauteurs du Plan de développement 2007-2011 du Rendez-vous des arts de la rue Shawinigan. Le nouvel événement n'a pas accès aux subventions gouvernementales. Il doit d'abord faire ses preuves. Il doit aussi reconstruire les ponts avec la communauté artistique et les commanditaires.»

La Ville a décidé de ne pas renouveler le contrat de l'équipe de direction du Festival de théâtre de rue de Shawinigan après sa dernière mouture, la dixième, en juillet dernier. La municipalité mauricienne versait 200 000 $ par année à l'événement, qui accusait un déficit équivalent, pour un budget annuel d'environ un demi-million de dollars.

Plusieurs dizaines d'artistes, dont une troupe allemande, ayant participé à la dernière édition n'ont toujours pas été payés et menacent toujours la nouvelle version de boycottage. Les dirigeants-fondateurs du défunt festival maintiennent une mise en demeure de 217 000 $ auprès de la Ville.

La proposition de relance a été remise au conseil municipal le 26 mars. Le plan quinquennal juge très favorablement le potentiel de développement du nouveau Rendez-vous des arts de la rue, envisage d'en diversifier les sources de revenus et recommande de mettre en place différentes règles de gestion, dont le dévoilement public des résultats financiers 15 jours après chacune des éditions. Les consultants suggèrent également d'étendre le festival sur dix jours (dont deux week-ends) à compter de 2009.

«L'événement possède tous les éléments structurants nécessaires pour se développer, faire école et innover, dit encore Jean David. Il pourrait aussi s'inspirer du beau modèle offert par le Festival western de Saint-Tite, qui jouit d'un budget annuel de plusieurs millions et se débrouille avec de faibles subventions ne totalisant que 13 ou 14 % de son budget annuel.»

Par Isabelle FAURE - Publié dans : International
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Mardi 8 mai 2007 2 08 /05 /2007 11:49
 

  "Qu'est ce que vous fabriquez là? "

ou

Les résidences de création


Journée d'étude des filières "Administration du spectacle vivant" et

"Economie et gestion des projets musicaux"

du Centre d'éducation permanente (CEP) de l'Université Paris X-Nanterre

Mercredi 20 juin 2007, de 10h à 17h30

Musée du Quai Branly


Salle de projection - 37, quai Branly - portail Debilly - 75007 Paris – Métro ou RER Alma

Serait-il plus facile d’élaborer que d’exhiber, plus aisé de répéter que de représenter ? Bien qu’elles éprouvent de grandes difficultés à boucler leur budget de production et qu’elles peinent à tracer leur plan de tournée, les équipes artistiques peuvent trouver refuge dans une grande variété de lieux où des facilités de création leur sont ménagées. Des établissements d’appellation contrôlée, des théâtres de ville, des scènes musicales, des centres de création, mais aussi des abris de compagnie, des festivals, des fabriques et des friches offrent diverses formules de résidence, avec le concours des collectivités territoriales, sinon l’aide de l’Etat. Ces prestations prennent la forme d’avantages en nature ou d’apports en industrie, auxquels s’ajoutent parfois des contributions financières.


En ce qui concerne le gîte, les conditions fluctuent, du luxe au dénuement : la compagnie bénéficiera pour ses essais d’un théâtre en dur ou d’un chapiteau de toile, d’un hall industriel ou d’une grange rustique. Le couvert sera à l’avenant : un plateau ou un studio, une salle avec ou sans bureau, un appartement, des chambres d’hôtel ou des places en roulotte, la cantine ou bien des tickets restaurant. De ville en ville, de département en région, l’accueil implique presque toujours des obligations auxquelles les artistes souscrivent, animant ici un atelier dans une école, encadrant là une action dans un quartier. Pour parler de l’aspect vénal, une part de coproduction est le meilleur gage de bienvenue, mais il faut souvent se contenter d’une promesse d’achat, à défaut se satisfaire de chaleureux encouragements. Il arrive que les hôtes gratifient leurs invités d’une large portion de leur temps, d’une attention réelle au projet qu’ils échafaudent : ces bienfaits doivent être précieux entre tous, car ils sont inégalement distribués.


Les coutumes diffèrent d’un secteur à l’autre, dans la mesure où chaque discipline dispose de ses propres réseaux. Les sites de production pour la chanson restent rares au regard des lieux de diffusion. Initiatrice de tant de formules de résidence, la danse manque encore de studios et surtout de salles ouvertes à son public. Les ateliers des arts de la rue et du cirque se sont multipliés, quoique l’esprit d’entraide y circule mieux que l’argent frais. Dans bien des cas, l’œuvre à venir résultera d’un parcours aux multiples haltes plutôt que d’une longue station. Des musiciens, des comédiens, des marionnettistes peuvent ainsi fractionner leur itinéraire de travail entre trois, cinq voire sept étapes, distantes de plusieurs semaines et de centaines de kilomètres. Ces sortes de tournées de création ne vont pas sans incidences sur le résultat final. Si la réflexion mûrit au fil des rencontres, la réalisation ne risque-t-elle pas de souffrir d’une certaine discontinuité ?


De cette question et de beaucoup d’autres suscitées par les résidences de création, les enseignants et les étudiants en « Administration du spectacle vivant » et en « Économie et gestion des projets musicaux » invitent à débattre en compagnie d’artistes et de chargés de production, de directeurs d’établissements et de responsables d’institutions.

Emmanuel Wallon


Entrée libre dans la limite des places disponibles - Réservation avant le 15 juin

Renseignements et inscriptions auprès de Dominique Turpin : 06 87 79 71 73 - jdominique.turpin@wanadoo.fr


Depuis 1999, les journées d’étude des formations “Administration du spectacle vivant » et « Economie et gestion des projets musicaux » sont consacrées aux enjeux de la production, de la diffusion et de la réception des arts de la scène. Cette année, nous vous invitons à nous rejoindre pour une nouvelle rencontre de travail préparée avec le concours du Musée du Quai Branly et de l’IRMA (Information et ressources pour les musiques actuelles).

Par Philippe Chaudoir - Publié dans : International
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Jeudi 6 décembre 2007 4 06 /12 /2007 11:20

Appel à communications

Colloque international pluridisciplinaire

« Arts, territoires et nouvelle économie culturelle.

La culture, un atout incontournable du développement urbain et régional ? »

6 et 7 mai 2008 (à confirmer)

Institut national de la recherche scientifique, Québec (Québec, Canada)

La Chaire Fernand-Dumont sur la culture du Centre Urbanisation, Culture et Société de l’Institut national de la recherche scientifique et le Laboratoire Interdisciplinaire Solidarités, Sociétés, Territoires (LISST) de l’Université de Toulouse II – Le Mirail organisent, dans le cadre du 76e Congrès de l’ACFAS, un colloque pluridisciplinaire sur les relations entre les arts, la culture et le développement des territoires. Ce colloque veut débattre de la situation des arts à l’échelle urbaine et régionale dans le contexte d’un rapprochement entre secteurs socioéconomiques et secteurs culturels et artistiques.

Pilotage et renseignements : Christine Dubois, colloqueATUCS@ucs.inrs.ca

Datesà retenir

Date limite de remise des propositions de communication 17 décembre 2007

Date de notification d’acceptation aux auteurs 18 février 2008

Date limite de remise des communications complètes 14 avril 2008

Date limite d’inscription à l’ACFAS pour tarif préférentiel 31 mars 2008

Dates du colloque 6 et 7 mai 2008

Pilotage et renseignements : Christine Dubois, colloqueATUCS@ucs.inrs.ca

Objectifs du colloque

Ce colloque vise la convergence de travaux théoriques et empiriques récents qui, à partir des diverses perspectives des sciences sociales et humaines, interrogent la situation des arts en regard des nouvelles formes ou stratégies de développement des territoires par la culture. Il s’agit notamment de rendre compte de ces nouvelles approches de géographie culturelle, d’économie régionale et d’analyses des politiques publiques qui viennent se greffer ou s’ajouter aux approches déjà classiques ou plus récentes de l’ethnologie, de la sociologie et de l’histoire des arts et de la culture. Deux principales questions de recherche orienteront la réflexion. D’une part, en quoi la thématisation de la dimension territoriale des pratiques artistiques (au double plan de la production et de la réception) vient-elle modifier ou compléter la connaissance des phénomènes de développement culturel et de développement local ? D’autre part, en quoi l’inclusion des arts dans les stratégies de développement local vient-elle modifier les dynamiques et équilibres traditionnels ayant structuré jusqu’ici le champ des pratiques artistiques et des politiques publiques ?

Argumentaire

- Dimensions et enjeux du développement local par les arts et la culture

En Amérique du nord comme en Europe occidentale, sous l’effet conjugué de mouvements de décentralisation des politiques publiques, de « désindustrialisation » des économies régionales et de décloisonnement des pratiques culturelles, le développement local durable tend à devenir l’argument premier de l’action culturelle et artistique conduite sur les territoires. Au cours de la dernière décennie, un intérêt inédit a ainsi émergé à l’égard des actions culturelles territorialisées, tant à partir du champ scientifique que du champ politique. Cet intérêt prend forme en même temps que se font jour de nouvelles perspectives d’analyse des effets de la culture sur le développement des villes et des régions. Il en va ainsi de l’hypothèse de la « Nouvelle économie » qui, à travers ses diverses variantes théoriques, sert la promotion d’approches et d’actions largement finalisées (ou instrumentales) du développement culturel local, tributaires des concepts et notions de « métropolis créative », de « ville créative » de « districts culturels-créatifs » ou encore de « classe créative ». Ce discours économique, s’il mise sur les attributs et propriétés culturelles des territoires, se conjugue ou se juxtapose souvent à un discours d’ordre « social » : l’action culturelle se veut alors porteuse de diverses perspectives de réappropriation culturelle, de revitalisation communautaire et de promotion de la diversité culturelle, avec des enjeux associés de lutte à l’exclusion, d’affirmation identitaire et de revitalisation urbaine ou régionale.

L’intérêt croissant porté au potentiel de la culture comme facteur de développement est lié simultanément à sa redéfinition : à l’extension continue des domaines de la culture au-delà du champ traditionnels des arts (qu’illustre au mieux le néologisme d’« industries de la créativité »), répond la diversité des finalités qui lui sont attribuées. Les effets des arts sur le développement local sont ainsi escomptés au-delà de leurs vertus intrinsèques, dans leurs retombées sociales (intégration sociale, cohésion sociale, qualité de vie des citoyens…) et dans leurs retombées économiques (création d’emplois, stimulation du tourisme, retombées fiscales…). La restructuration des économies urbaines, mais aussi les effets réels et attendus de la mondialisation amènent par ailleurs à concevoir les arts et la culture sous l’angle d’une « ressource » apte à fonder l’avantage concurrentiel des territoires (considération d’image, positionnement à l’international…). À l’appui de ces visées, l’action culturelle prend diverses formes : valorisation du patrimoine bâti et immatériel, restauration des espaces publics, rénovation de zones urbaines moins favorisées, investissement dans les institutions, équipements et établissement culturels, etc

Le nouvel optimisme face aux vertus territoriales de la culture, typique de la dernière décennie, vient en quelque sorte prendre le pas sur le pessimisme et la démoralisation de la décennie précédente face aux impacts négatifs de la désindustrialisation des territoires. Cet optimisme, partagé par bon nombre des élites scientifiques, politiques ou économiques, se doit néanmoins d’être pondéré. D’une part, le lien entre la culture et le développement territorial est encore mal étayé scientifiquement (coût et rareté des données probantes, limites des catégories statistiques existantes, etc.), bien que les séquelles causées par la suspension d’événements

culturels en fournissent trop souvent une preuve a contrario. D’autre part, miser sur les arts et la culture comme levier de développement soulève plusieurs difficultés concrètes dans la mesure où une même initiative est susceptible d’avoir des retombées variables en fonction des caractéristiques propres à chaque territoire (échelle, densité, taille, nature des activités, histoire culturelle des lieux, etc.). La question des effets ou de l’impact du développement culturel territorialisé soulève de la sorte deux problèmes fortement interreliés :

la complexité et le degré d’imprévisibilité des effets bénéfiques des activités culturelles à l’échelle locale rendent difficile une démonstration probante de ces effets (ou impacts), limitant considérablement les possibilités d’une mise en oeuvre efficiente ;

le développement culturel, programmé ou non, entraîne un ensemble de dynamiques potentiellement négatives (effets pervers ou retors, non voulus ou contre-intuitifs) : renforcement des mouvements de ségrégation avec la formation d’« enclave culturelle » urbaine, restructuration trop unilatérale de l’économie locale autour d’une économie de niche, normalisation culturelle des paysages et des espaces urbains, création d’emploi dans les secteurs les moins payés de l’économie, etc.).

Tout ceci explique en partie la précarité du dossier des arts et de la culture aux divers échelons de gouvernement, les interventions demeurant souvent au niveau du discours sans être toujours (ou encore) partout à la hauteur des intentions affichées. Dans ce contexte, la situation des arts et des artistes (rôle, fonction, statut) est interpellée et mise en jeu à quatre principaux niveaux :

Les arts dans l’« écosystème » culturel des territoires.

Dans quelle mesure les arts contribuent-ils au développement territorial et comment peut-on en mesurer les impacts ou les effets (quantitatifs et qualitatifs) ? En sens inverse, quel est l’impact ou l’influence du territoire sur les formes d’arts et d’expressions culturelles : par exemple, y a-t-il des villes plus créatives ou plus artistiques que d’autres ? Dans quelle mesure les formes d’art et leur contribution économique ou sociale varient-elles en fonction de l’échelle, de la réputation ou de l’histoire des territoires (y a-t-il un « capital culturel » territorial cumulatif) ? Et comment cerner, à l’échelle locale, les liens d’interdépendance possibles entre art au sens strict, créativité diffuse et innovation tangible ?

Les logiques d’action publique face aux arts.

Quelles sont les valeurs et finalités qui sous-tendent l’action culturelle publique face aux arts : développement économique, démocratisation, progrès « civilisationnel », diversité culturelle, etc.? Et comment, sur le terrain concret des acteurs, se concilient, s’affrontent, se juxtaposent ou s’agencent les diverses logiques d’action qui en procèdent : développement des industries culturelles, développement de l’excellence (ou du professionnalisme) artistique, démocratisation de l’accès aux arts, promotion de la diversité culturelle (démocratie culturelle, multiculturalisme, réhabilitation des cultures populaires), etc.? Quelle est la nature des tensions entre ces différentes finalités (économiques, sociales, artistiques) ? Quelles sont les stratégies de mise en oeuvre qui en découlent, et quels en sont les résultats ?

La cible des interventions.

Quelle place est attribuée aux artistes en matière de développement local ? Quels rôles incombent aux artistes en regard des autres médiateurs culturels professionnels, organisations et industries culturelles? Quel est le statut (ou le poids) du public des arts au sens strict en regard du « milieu local » au sens large ? Quelle est la part respective des actions menées ou à mener en faveur des publics résidants et des publics touristiques, des artistes locaux et des artistes étrangers ? Comment varient ces interventions en fonction de l’échelle des territoires : centres métropolitains et capitales culturelles, centres urbains régionaux, espaces périphériques ou périurbains, etc.?

Le financement des arts. Comment s’arriment les diverses formes de soutien apportées aux arts? Comment se coordonne l’action des différents paliers de gouvernement (notamment dans un contexte de décentralisation, où il faut parfois compter avec des administrations non plus seulement supra municipales mais aussi infra municipales) ? Est-ce qu’une coordination harmonieuse des actions privées et publiques s’avère possible, notamment dans un contexte marqué par la recherche de partenariats public-privé ? Comment s’articulent les logiques culturelles sectorielles (ou professionnelles), fortement dépendantes de logiques nationales ou même internationales, à des logiques territoriales contextualisées (de nature souvent plus strictement identitaire qu’artistique) ?

Cette série de questions n’est pas exhaustive et les thèmes de réflexion proposés ne sont pas mutuellement exclusifs. Le comité organisateur sollicite à cet égard des études de cas, des analyses comparatives et des mises en perspective historiques ou critiques permettant de débattre sur un plan à la fois théorique et empirique de l’état des relations actuelles entre art, territoire et économie culturelle. Le comité organisateur demeure par ailleurs ouvert à toute proposition qui s’inscrit dans l’esprit général de cet appel à communications. L’édition d’un ouvrage collectif issu du colloque est envisagée dans la collection « Culture et société » des Presses de l’Université Laval.

PRECISIONS SURL’APPEL ÀCOMMUNICATIONS

Le colloque est ouvert à tous les étudiants gradués, aux enseignants et aux chercheurs.

Proposition de communication

Le texte de la proposition sera édité en format Word et ne dépassera pas 3250 caractères (espaces compris) en Times New Roman 12 points.

Il comportera un titre, cinq mots-clés, ainsi que le nom, le statut universitaire, l’institution d’attache et les coordonnées du soumissionnaire.

La date limite d’envoi est le lundi 17 décembre 2007 à 17h. La sélection se fera au sein du Comité scientifique.

Les soumissionnaires seront informés de la sélection des propositions au plus tard le 18 février 2008.

Texte des communications

Pour les soumissions retenues, le texte en appui de la communication devra être envoyé au Comité d’organisation avant le 14 avril 2008. Il sera publié sur le site du colloque, tel que fourni par l’auteur, sans avoir fait l’objet de révision ou de modification. Les précisions sur les paramètres d’édition de ce texte seront fournies aux participants sélectionnés.

Les soumissions sont acceptées en français ou en anglais. Les communications devront se faire de préférence en français.

Les textes seront adressés à l’INRS-UCS par courrier électronique à : colloqueATUCS@ucs.inrs.ca.

Par Philippe Chaudoir - Publié dans : International
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