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Mercredi 28 mai 2008 3 28 /05 /2008 11:12

Les utopies à l'épreuve de l'art

ilotopie

d'Éric Heilmann, Françoise Léger, Jean-Louis Sagot-Duvauroux et Bruno Schnebelin

L’île ne faisait absolument pas partie de mon imaginaire. J’avais des mythologies de citadin, d’urbain : l’espace, les grands fleuves, les forêts… J’avais beaucoup aimé la Guyane, donc des imaginaires de grands espaces, assez sauvages. J’avais de vagues idées sur les Somalies où je ne suis jamais allé. Il s’est trouvé qu’en descendant sur Arles avec la péniche en venant de Paris…

Ce livre porte une double ambition. D’abord donner en partage l’expérience artistique d’ilotopie à travers des textes de Françoise Léger et Bruno Schnebelin, ses codirecteurs artistiques, et Éric Heilmann, artiste associé. Confronter ensuite cette histoire à la réflexion de Jean-Louis Sagot-Duvauroux, philosophe et dramaturge.

L’ouvrage passe au crible vingt-cinq ans de créations. Il raconte en texte et montre en images les plus emblématiques d’entre elles. Il éclaire sur le contexte et les hypothèses qui en ont été le terreau. Jean-Louis Sagot-Duvauroux interroge les thèmes, les formes, les partis pris d’ilotopie à la lumière de sa propre réflexion sur l’art, la société, les utopies. Le pas de côté effectué par le mouvement des arts de la rue, la singularité de la proposition ilotopienne, ses frottements avec la vie quotidienne ou avec l’environnement bouleversent la typologie habituelle de l’art telle que nous l’avons héritée de l’histoire occidentale. Comme si les inventeurs de sens devaient en même temps se faire briseurs de frontières.

Au-delà des informations qu’on y trouve sur ilotopie, Les utopies à l’épreuve de l’art prennent ainsi la figure d’un manifeste où beaucoup trouveront matière à réflexion. Une partie documentaire et chronologique donne une cartographie détaillée de l’aventure d’ilotopie.

Pour plus de détail : cliquez ici !

 

Landscape Theatre / Théâtre de paysage

Le Voyage d'Orphée en Europe

ouvrage collectif coordonné par Savine Raynaud, avec Bill Mitchell et la compagnie WildWorks








ISBN : 978-2-912877-84-0    Prix : 17 euros

Coédition : Atelier 231

Domaine : Arts de la rue / Genre : Beau livre

Format : 23 x 27  cm

Impression : imprimé en couleur sur papier couché 150 g

Reliure : 120 pages cousues, couverture souple pelliculée

Parution : juin 2008

 

De la boîte noire aux sites naturels, Bill Mitchell a tracé un parcours artistique singulier avec la compagnie Kneehigh en mettant en scène de nombreuses productions originales et remarquées, en Grande-Bretagne comme à l’étranger : en Cornouailles où il réside, à Chypre, Malte, en France… Poursuivant son intuition d’un théâtre à l’échelle du paysage, il crée en 2005, la compagnie WildWorks, véritable outil d’expérimentation et berceau du projet de Souterrain, production qui s’apparente au théâtre « Site specific » anglo-saxon. Basé sur le mythe d’Orphée et Eurydice, c’est un hymne à la joie de vivre qu’a voulu écrire le metteur en scène.

La commande faite à WildWorks par le réseau Fabriques in progress (PECA) arrive à point nommé, car il ouvre la possibilité de créer Souterrain en plusieurs lieux, en France et en Angleterre. Chacun des 7 sites a déterminé par sa particularité la représentation du fameux Monde du dessous : le parc du Bois-Petit et l’hôpital psychiatrique à Sotteville-lès-Rouen, un petit village près de Brighton, une école primaire à Hastings, un ancien grand magasin à Colchester, la citadelle historique d’Amiens, une Chartreuse du XVIe siècle aux abords d’un ancien coron à Gosnay, une mine de nickel abandonnée en Cornouailles. Le scénario se coule dans les paysages, s’enrichit des spécificités des partenaires, du lieu investi, des gens qui y vivent, de leur imaginaire et de leur quotidien… Le processus conduit par Bill Mitchell génère une nouvelle déclinaison du mythe d’Orphée, unique et universel.

Plus on est spécifique plus on est universel !

Dans cet ouvrage, Bill Mitchell évoque la genèse du Théâtre de paysage, sa passion pour les rencontres avec les différentes communautés locales, et celles qui se sont implantées au hasard des crises et des conflits mondiaux, qui forment notre paysage humain et culturel européen. Il explique le processus de création : un mythe universel, noyau dur de la narration, le genius loci, ou l’esprit du lieu investi qui fertilise le scénario, la collaboration entre professionnels et amateurs, la grammaire cinématographique du Landscape theatre, le public-caméra, le metteur en scène-monteur, la musique vivante, le travail plastique…

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Par Philippe Chaudoir - Publié dans : Informations
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Mercredi 21 mai 2008 3 21 /05 /2008 17:48

 

Vol. 82/3 2007 La ville événementielle

18,5 €

 

 

Sommaire

 

Philippe Chaudoir

 

·         Articles

Céline Barthon, Isabelle Garat, Maria Gravari-Barbas et Vincent Veschambre

Benjamin Pradel

Elsa Vivant

Pierre Gras

Maria Gravari-Barbas et Sébastien Jacquot

 

·         Contrepoint

Boris Grésillon

 

·         Tribune libre

Jacques Bethemont

 

·         Comptes rendus de lecture

Stéphane Merle

Bruno Moriset

Maud Moussi

 

Par Philippe Chaudoir - Publié dans : Actions
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Mercredi 21 mai 2008 3 21 /05 /2008 17:28

 

 

 

 

Réseau international de recherche

«Arts de Ville»

Unité Mixte de Recherche CNRS 5600

Environnement Ville Société

 

écrire pour l’espace public :

formes et intentions

Séminaire chercheurs / professionnels

 

Villeurbanne - Vendredi 20 juin 2008

 

Dans la continuité du séminaire de la Sorbonne, organisé par le réseau Arts de Ville les 30 et 31 octobre 2006, et du rapport final contributif de la recherche sur les esthétiques des arts urbains (Ministère de la Culture – DMDTS, octobre 2007), il apparaît que de nombreux thèmes restent à explorer dans ce domaine.

Deux grands champs, en particulier, semblent se recouper autour d’une question qui pourrait se formuler ainsi :

 

Ecrire pour l’espace public – quelles formes et quelles intentions ?.

 

Cette question, en écho à la thématique d’un des groupes de travail réuni à l’occasion du « Temps des arts de la rue », nous semble articuler une analyse des formes et des dispositifs spectaculaires (artistiques) à l’ensemble des valeurs et significations portées par les artistes dans la globalité de leur positionnement esthétique et éthique.

Le programme de travail, défini dans le rapport final de recherche « Généalogie, formes, valeurs et significations. Les esthétiques des arts urbains » (Octobre 2007) insistait, dans ce champ, sur la nécessité d’entreprendre des investigations complémentaires.

 

Abordées jusqu’à présent de manière fragmentée, l’analyse des formes, d’une part, et celle des significations, d’autre part, nécessitent aujourd’hui d’être réarticulées.

Rappelons que du point de vue des formes, les chercheurs contribuant aux travaux du réseau ont envisagé trois dimensions :

- celles de l’analyse des relations entre acteurs et publics comme analyseur des esthétiques,

- celles de l’analyse des relations entre spectacle et objet architectural et urbain,

- celles de l’analyse de l’espace public comme dispositif interactionnel.

 

Concernant les intentionnalités esthétiques, elles ont été abordées sous cinq angles :

- le premier concernait le rapport entre identité et relation esthétique

- le second s’intéressait à production endogène du discours : comment les artistes parlent d’eux-mêmes.

- le troisième analysait la rhétorique des arts de la rue sous l’angle de l’articulation entre une esthétique de la fraternité et une sémiotique de l’altérité.

- la quatrième approche définissait le rapport entre esthétique et politique sous l’angle d’un contrat de co-présence.

- enfin le dernier angle portait sur la dialectique entre esthétique et territoires.

 

Pour explorer cette articulation, nous souhaitons organiser, le vendredi 20 juin 2008, à l’occasion du Festival Les Invites à Villeurbanne (69), un séminaire croisant chercheurs du réseau et artistes oeuvrant dans l’espace public et particulièrement impliqués dans la question des écritures artistiques pour cet espace public.

 

Ce séminaire prendra la forme d’une discussion autour de deux interventions d’artistes cadrées par un questionnement préalable sur les questions de l’écriture urbaine. Les chercheurs seront conviés à proposer une lecture analytique des formes et intentions exprimées par les artistes et d’alimenter ce séminaire, de nature contributive. Ces contributions s’ajouteront à la recherche précédente et permettrons de déboucher, de manière cumulative, sur une publication des travaux du réseau.

 

Déroulement du séminaire

 

Vendredi 20 juin 2008

 

11:00                   Accueil

11:30 - 12:30      Bilan de l’activité du réseau, projets à venir, rappel des outils et des attentes 
                            d’animation du réseau

 

12:45 - 14:15      Pause déjeuner

 

14:30 - 17:30       Séminaire

Intervenante :        Ema Drouin, Cie Deuxième Groupe d’Intervention

15:45                   Pause

16:00               
Intervenant :        Cyril Jaubert Opéra Pagaï

17:30                   Synthèse et clôture

 

19:00                   Apéro au catering Square de la Doua – Festival des Invites

 

 

Samedi 21 juin 2008

 

11:00                     Visite des Ateliers Frappaz

 

 

Documentation sur place

Nous vous invitons à amener avec vous toute documentation que vous souhaitez transmettre aux membres du réseau, incluant des copies de vos livres. Un espace de documentation sera accessible pendant tout le séminaire.

 

Merci de nous confirmer le plus vite possible par retour de E. Mail si vous êtes intéressé et/ou disponible à cette date pour affiner notre organisation.

 

Lieu du séminaire :

 

 

 

Les Ateliers Frappaz (Frappaz 1)

14-16 rue du Dr Frappaz

69100 Villeurbanne

Tél : 33 (0)4 72 680 987

 

 

Catering – Apéro Festival des Invites :

 

 

 






Lieux des spectacles


 




















Contact : philippe.chaudoir@univ-lyon2.fr /
www.iul-urbanisme.fr/rezoaccueil.htm

Tél : 33(0)6 88 30 93 63

 

Au plaisir de vous revoir

 

A très bientôt

 

Philippe Chaudoir et Isabelle Faure

 

Par Philippe Chaudoir - Publié dans : Actions
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Mercredi 21 mai 2008 3 21 /05 /2008 17:25
* INVITATION * INVITATION * INVITATION * INVITATION * INVITATION * INVITATION * INVITATION * INVITATION *


Madame, Monsieur,

Chers amis,


Les éditions L’Harmattan et la Librairie de Paris ont le plaisir de vous inviter à la présentation à Saint-Etienne du livre Le Corbusier voyageur, ouvrage collectif dirigé par Pierre Gras et Thierry Paquot, paru récemment dans la collection “Carnets de ville”.

Cette rencontre-signature aura lieu le samedi 31 mai, à partir de 15 h, à la Librairie de Paris (6, rue Michel Rondet - Saint-Etienne - tél 04 77 49 21 21), en présence et avec la participation de Robert Dulau, conservateur en chef du patrimoine à la Cité du patrimoine et de l’architecture, et de Pierre Gras, journaliste et éditeur, directeur de la collection “Carnets de ville”.

En espérant vivement vous rencontrer à cette occasion
et avec nos plus cordiales salutations,


Isabelle Couriol
Librairie de Paris
contact@librairiedeparis.com
tel :
04 77 49 21 21

Pierre Gras
Editions L’Harmattan
Carnets de ville
carnetsdeville@wanadoo.fr
tel : 04 78 39 60 88


Le Corbusier voyageur

Le Corbusier (1887-1965) était un grand voyageur. Sa curiosité pour d’autres paysages, d’autres architectures ou d’autres mœurs paraît toujours en activité, révélant parfois une attention presque naïve. Tout jeune, Charles-Édouard Jeanneret accompagne son père dans les montagnes qui environnent La Chaux-de-Fonds. À vingt ans à peine, il se rend en Italie, puis en Allemagne, avant d’entamer un périple vers les pays balkaniques, la Grèce et la Turquie. Il publiera ses notes, sous le titre Le voyage d’Orient, plus de cinquante ans après son retour. Il se rend également en Union soviétique, au Brésil et en Argentine, aux États-Unis, en Inde, au Moyen-Orient, en Algérie... Que découvre-t-il durant ses voyages ? Comment les intègre-t-il à ses projets ? Quel rapport entretient-il avec l’autre et l’ailleurs ? Quels sont ses a priori ? Ce livre interroge des aspects peu connus de la vie intime et professionnelle de l’architecte de Chandigarh, de Ronchamp et du centre civique de Firminy, avec ses zones d’ombre et ses ambiguïtés, et illustre le rayonnement international de son œuvre.

Cet ouvrage collectif comporte des contributions de Robert Dulau, Jean-Pierre Frey, Pierre Gras, Ettore Janulardo, Claude Massu, Thierry Paquot, Daniel de Roulet, Margareth da Silva Pereira et Yannis Tsiomis.

(L’Harmattan, 2008, 250 pages, 24 €)


* Lien Internet avec l’ouvrage :
http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&obj=livre&no=25495

* Pour découvrir la collection Carnets de ville : http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&obj=collection&no=349



Par Philippe Chaudoir - Publié dans : Informations
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Mardi 11 mars 2008 2 11 /03 /2008 17:01
A paraître  le 18 mars 2008 :
PETIT IMPRECIS DE VOYAGE
De Pierre GRAS 
Editions
Collection Savoirs autonomes

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Avant-Propos

extrait

L’idée de ce livre cheminait doucement dans ma tête, de voyage en voyage, depuis quelques années. L’intérêt et surtout le plaisir d’une réflexion libre sur la mobilité, le tourisme et autres « usages du monde », pour paraphraser Nicolas Bouvier (1), ne se démentissaient pas depuis de premiers et maladroits récits de voyage rédigés au retour de deux périples initiatiques en Amérique du Sud, au début des années 1980 (2). La création d’une collection consacrée à des récits de voyage urbains avait pourtant absorbé une partie de l’énergie nécessaire pour mener à bien ce projet. Ce n’est que lorsque, mu par je ne sais quelle prescience ou par le désir d’un échange intellectuel plus approfondi que ne le permettaient nos trop brèves rencontres, Franck Michel (3) m’a proposé de concrétiser ce parcours en couchant sur le papier quelques réflexions personnelles sur le voyage et le nomadisme que j’ai pris conscience que cette idée me poursuivait depuis près de trente ans ! Qu’il en soit donc remercié.

J’avais pensé donner à ce texte la forme, tantôt légère tantôt grave, mais un brin sérieuse tout de même, d’un précis de voyage (4), au sens où on les concevait jadis à l’intention des voyageurs néophytes partant à la découverte de ce qu’on n’appelait pas encore la « Côte d’Azur » ou bien à la rencontre des monuments de la Grèce antique, nourrissant ces « touristes » de conseils roboratifs sur l’attitude à tenir vis-à-vis des autochtones ou sur les mesures à prendre pour lutter efficacement contre les moustiques. Mais ma propre démarche semblait plutôt relever d’un certain empirisme et de l’enthousiasme têtu du voyageur que d’une véritable analyse scientifique et technique. J’ai retenu l’hypothèse de ce Petit imprécis de voyage, un exercice à la fois plus libre et plus facétieux, que la patience de l’éditeur m’a permis de composer en prenant mon temps...

Cette « imprécision » volontaire ne doit pas tant, en effet, au flou de la documentation ou à la paresse (5), même si la mienne est indéniable en face d’un paysage, d’une ville ou d’un visage aimés, qui m’incitent à l’immobilité, à la rêverie ou à la tendresse, qu’au désir de laisser le lecteur y prendre pleinement sa place, remplir les blancs ou les omissions, bref, y jouer un rôle de moteur de recherche, si je puis dire.

L’art du voyage, s’il en est un, est impalpable et subjectif, comme la justice pour Pascal : « Vérité en deçà des Pyrénées, erreur au-delà... » (6) Telle affirmation sera pertinente dans telle situation, mais se révèlera prétentieuse voire stupide dans tel autre cas. Les centaines de guides publiés chaque année en témoignent, avec leur contingent de perles, savoureuses à défaut d’être rares. J’invite par conséquent le lecteur, voyageur ou non, à insérer ses propres mots et sa propre expérience, à ajouter ses propres balises à un parcours jalonné d’étapes improbables, de récits inachevés, de projets remis à plus tard, mais qui reste ouvert sur le monde, toujours terra incognita en dépit de l’accélération globale des déplacements et de la contraction de notre petite planète en voie de totale urbanisation.

Cet anti-manuel de voyage, interrogeant tour à tour le tourisme, la mobilité, le nomadisme et la modernité, mais aussi la quête de l’Autre et de l’ailleurs, n’a pas pour objectif de régler leur compte aux inepties touristiques ni aux « idiots du voyage » (7) de toutes sortes, même si l’exercice pourrait être salutaire ! Il se destine davantage, en évitant si possible les pièges de l’« exploraseur » (8), à créer ou à entretenir un désir de voyage. Celui-ci nous taraude ou nous perturbe, même si nous ne le menons pas toujours à son terme, nous contentant d’en rêver, d’en peaufiner contours et détours en nous balançant dans un rocking-chair ou dans un hamac, un livre posé sur la poitrine (9). Sans pour autant être dupes de nos attitudes et de nos sentiments ambivalents à l’égard des populations et des territoires rencontrés.

Deux grands voyageurs m’ont manqué au moment d’entreprendre ce « travail d’imprécision », car j’aurais pu espérer leur faire part de mes doutes, sinon de mes espoirs. Pour des raisons diamétralement opposées, même si leurs convictions écologiques et politiques les ont, de fait, rapproché à la fin de leur vie. Théodore Monod, naturaliste, chercheur, grand explorateur de l’humain autant que du désert, nous a appris, depuis ses premières Méharées (10), que c’est dans la solitude, et parfois même l’ennui, que se révèle notre désir de rencontrer l’Autre et de décrire le monde. Et Jean Chesneaux, historien, sinologue et politologue accompli, qu’il m’avait été donné de rencontrer à l’occasion de la préparation d’un précédent ouvrage collectif (11) et dont les références constantes à Jules Verne, à l’Asie, au monde urbain et à la recherche d’un véritable « art du voyage » (12) m’ont inspiré davantage que je ne veux bien l’admettre, a lui aussi plié bagage. Exigeant jusqu’au pointillisme, n’hésitant pas à reformuler mes questions pour mieux les faire cadrer avec ses réponses ( !), il m’a convaincu que l’aventure est toujours possible, pour peu qu’on la souhaite vraiment, dans un monde pourtant devenu interdépendant et terriblement balisé. Et que cette aventure consiste surtout, pour le voyageur, à respecter l’Autre, c’est-à-dire à se respecter soi-même, quitte à bousculer les protocoles, les horaires, les acquis ou les certitudes pour y parvenir. Et à abandonner pour quelque temps sa boussole. Que cette imprécision fondatrice fasse partie du parcours me semble désormais naturel : « En route, le mieux c’est de se perdre ; lorsqu’on s’égare, les projets font place aux surprises et c’est alors, mais alors seulement, que le voyage commence. » (13)

A suivre

Notes

1. L’usage du monde, publié chez Droz en 1963, rééd. Payot (Petite Bibliothèque Payot), 2001.

2. Cf. Amériques sans visa ; récits et reportages d’Amérique latine, L’Harmattan, 1988.

3. Anthropologue, directeur du Centre de recherches sur le voyage, auteur notamment de Voyage au bout de la route, L’Aube, 2004, et de Autonomadie, Homnisphères, 2006.

4. Précis, n. m., 1671 : ouvrage qui expose brièvement les choses essentielles (Dictionnaire de la langue française, Larousse ; d’une manière générale, les définitions mentionnées dans ce livre en sont issues, sauf mention contraire).

5. Au sens où l’entend par exemple Raoul Vaneigem dans La paresse, éd. du Centre Georges Pompidou (coll. Péchés capitaux), 1996.

6. Les Pensées, Partie 1, chapitre « De la justice ; coutumes et préjugés ».

7. Jean-Didier Urbain, L’idiot du voyage ; histoires de touristes, Payot (Petite bibliothèque Payot), 2002.

8. Matthias Debureaux, De l’art d’ennuyer en racontant ses voyages ; le manuel du parfait exploraseur, éditions Cavatines, 2006.

9. Selon le cas de figure, je recommanderais la lecture de Anatomie de l’errance, Bruce Chatwin, Le Livre de Poche, 2006 ou de L’art de la sieste, Thierry Paquot, Zulma, 2005.

10. Paru en 1929, réédité par Actes Sud (Babel) en 1998.

11. Villes, voyages, voyageurs, L’Harmattan (coll. Carnets de ville), 2005. Le texte de cet entretien (« Urbanité et art du voyage ») est disponible en ligne sur le site de la revue L’Autre Voie (n°1 - 2005, www.deroutes.com).

12. L’art du voyage ; un regard (plutôt) politique sur l’autre et l’ailleurs, Bayard, 1999.

13. Nicolas Bouvier, op. cit.

Par Philippe Chaudoir - Publié dans : Informations
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